| Souvenir de la résistance |
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Les Chantiers de la jeunesse
La ville d'Aspet a voulu garder un souvenir tangible de deux épisodes de son histoire récente : - les Chantiers de la Jeunesse, par un monument érigé en 1991 au Pré Commun, déplacé de quelques mètres, à l'intérieur du square José Barès à l'occasion de l'inauguration de la statue du faucheur, - et la Résistance.
Après l'Armistice de 1940, le service militaire, en zone libre, avait été remplacé par un service civil : les "Chantiers de la Jeunesse française". Les jeunes gens faisaient leur temps de service en accomplissant des tâches d'intérêt général, comme la forestage ou l'entretien des routes et des chemins. Ils étaient cantonnés dans les villages, Milhas et Arbon-Campels en particulier. L'expérience cessa après l'occupation de la "zone libre" par les troupes allemandes, en 1943.
Souvenirs de la Résistance
Une plaque a été apposée sur le mur de l'ancienne école d'Aspet, en hommage à l'instituteur Fauroux, et un monument érigé à Campels. En haut du col de Portet, un monument rappelle la mémoire des "Evadés" (des étrangers, en partculier holandais, surpris par la neige et rattrapés par les allemands). |
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| Stèle de Campels | |
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Col de Portet Plaque des évadés |
Extrait de "Vacances forcées" de Roland Dorgelès
On sait, mais on a peut-être oublié que Roland Dorgelès et le peintre Dufy ont séjourné à Aspet pendant la guerre 39-45 et qu'ils ont participé à la Résistance. Dans “Vacances forcées”, (Editions Albin Michel, 1985) Roland Dorgelès consacre plusieurs pages à l’hospitalité qu’il reçut du Dr Jauréguiberry, alors maire d’Aspet. Ce texte mérite d’être rappelé.
Réfugiés à Montsaunès, Dorgelès et Dufy sont avertis de leur prochaine arrestation par la Gestapo et ils décident de se réfugier à Aspet. Depuis des mois, écrit Roland Dorgelès, j’avais prévu que je me réfugierais à Aspet, dont le maire le Dr Jauréguiberry était devenu mon ami. Aspet avait l’avantage de dépendre de Luchon, dont la Gestapo passait pour moins féroce que celle de Saint-Girons. Aussitôt alerté par téléphone, le courageux docteur accourut et nous empilâmes tout ce que pouvait contenir son auto. Le reste trouva place dans la carriole que Dufy employait pour ses excursions.
27 mai 1944
Quel soulagement, quelle détente que ces premières journées passées à Aspet ! La beauté du pays environné de montagnes, la douceur du climat, les attentions de nos hôtes, tout concourait à nous faire oublier notre mésaventure.
- Soyez tranquilles, ils ne viendront plus vous tracasser, nous répétait le docteur Jauréguiberry.
La Gestapo de Luchon ne lui faisait pas peur et il se donnait le plaisir de la rouler. Quand on lui demandait, par exemple, s'il y avait des juifs dans le canton, il ouvrait de gros yeux naïfs :
- Des juifs ? Oh ! Non. Qu'est-ce que j'en ferais ?
Cela ne l'empêchait pas, le lendemain, de me conduire à Barbazan, petite station thermale alors en sommeil, où se cachait la fille de Georges Mandel.(...) Des Juifs, on en rencontrait partout, logés dans les hôtels, campés dans les fermes. Certains mettaient d'ailleurs peu d'adresse à se cacher, tel cet élégant Autrichien, grand expert en tableaux anciens, qui circulait parmi les gars de batterie, vêtu de blousons somptueux et un foulard de soie orange négligemment noué au cou. D'autres, mieux inspirés, s'étaient réfugiés dans une forêt voisine où un industriel toulousain avait ouvert un chantier de charbon de bois destiné à les abriter. Les Boches seuls ne se doutaient de rien. Ils ne savaient pas non plus que le directeur d'école cachait un stock d'armes dans sa cave, que l'estivant en culotte blanche qui passait ses journées au tennis redevenait le soir le lieutenant-colonel Victor, chef des groupes F.F.I., et que ce bon docteur-maire aux mines innocentes soignait les garçons du maquis. Si l'on avait seulement regardé de près sa nouvelle table d'opération, on se serait aperçu qu'elle était toute neuve et de marque anglaise, car on l'avait parachutée quinze jours plus tôt. L'hôtel du Carillon, que dirigeait l'active et sautillante Mlle Jeannette, soeur du docteur, était, au vu et au su de toute la population, un abri de la Résistance : les argus de Luchon étaient encore les seuls à l'ignorer.
- Décidément, disais-je à mes compagnons, leur police n'est pas si habile qu'on le croit.
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- Vous, mon garçon, la prochaine fois que vous viendrez, vous me ferez le plaisir de laisser votre mitraillette à la cuisine



