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  • Bulletin n°10 : La station thermale de Ganties
  • Bulletin n°10 : La chapelle Sainte-Radegonde
La commune a porté,un temps, le nom de Ganties-les-Bains. 
Ganties a eu, en effet, une station thermale.
En fait celle-ci était à la limite des communes de Ganties et de Couret. Les bâtiments encore debout sont sur la commune de Couret.
On ignore l’origine de la réputation des eaux de Ganties. Ce qu’on sait c’est que un, puis deux, établissements thermaux ont fonctionné dès le début du XIXème siècle, l’un sur la commune de Couret, l’autre, presque en face, sur celle de Ganties. Au début du XXème siècle, l’ensemble thermal, unifié, appartenait à la famille Trombe, qui l’a exploité directement jusqu'en 1958.
Avant la guerre de 1914 les courses de chevaux de Ganties attiraient la foule des connaisseurs.
L’eau thermale est aujourd’hui mise gratuitement à la disposition des visiteurs (après une interruption de plusieurs mois, pour cause de travaux de captage).
Elle a des vertus digestives et diurétiques. Elle est aussi sédative : elle calme les nerveux.
Le thermalisme à Ganties a été évoqué dans une brochure, publiée par l'Association Catherine de Coarraze, parue en 1995 et intitulée : "Préhistoire et thermalisme : les grottes de la Spugo et de la Hountaou, la station thermale de Ganties-Couret". Disponible auprès de l'Association et à l'Office de Tourisme d'Aspet.

L'origine des eaux de Ganties

Dans les années 1820, un certain M. Chaton, bijoutier à Saint-Gaudens, et qui avait une ferme à Couret, se blesse à un doigt. Les habitants du pays lui conseillent d'avoir recours à l'eau d'une source proche dont les vertus cicatrisantes sont depuis longtemps connues. On les utilise pour soigner les maladies de peau du bétail. Il se trouve rapidement guéri.
Cette guérison rapide l'amène à s'intéresser à cette source aux vertus reconnues, et qui n'avait pas la réputation qu'elle méritait. Il se met donc en devoir de construire un établissement de bains et d'en faire connaître l'existence.
Une autorisation d'exploitation est demandée et obtenue en 1829. Elle est accordée à la source du lac Bagnis, qu'on a pris l'habitude d'appeler "Eau de Ganties". Le premier établissement, situé sur le territoire de la commune de Ganties, comporte 12 baignoires.
En 1843, l'établissement est acheté par la famille Dencausse.
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 Etat actuel de la fontaine
En 1861, pour pouvoir développer l'exploitation, le propriétaire adresse une supplique à l'Empereur Napoléon III, pour demander une aide financière. Sans succès. La réponse est négative : elle se base sur le fait que "la famille Dencausse était assez riche (150 000 de capital) pour se passer d'un appui de l'Etat". 
Dans sa thèse de doctorat soutenue en 1913, le Dr Icard rapporte l’épisode suivant : une vache atteinte de maladie cutanée se trouvant dans la prairie (près de la source) allait boire dans le lac qu’alimentait la source minérale. Pour se désaltérer elle était forcée d’entrer dans l’eau. Cette cure d’eau ajoutée aux bains fut renouvelée souvent et amena la guérison radicale de l’animal. Cette guérison se répandit dans le public. Depuis ce moment on vit arriver à Ganties une foule de personnes atteintes de maladies de la peau : les ulcéreux, les estropiés, les malingres, les rhumatisants, les hermétiques y étaient en grand nombre.

La station des dames et des nerveux

Voici le témoignage de l'instituteur responsable de l'école de Ganties en 1885.
"Les eaux de Ganties, indique-t-il, sont minéralisées par des bicarbonates et des crémates. Elle sont légèrement ferrugineuses et leur richesse est suffisante pour que l'on ait le droit de les considérer a priori comme devant jouir d'une certaine activité. Au reste, l'expérience a depuis longtemps prononcé sur ce point. La réputation des eaux de Ganties est fort ancienne. Elles cicatrisent les plaies, les blessures, les ulcères de toute espèce, les dartres, eczémas, affections puruleuses, les névralgies, guérissent radicalement les maladies des nerfs, rhumatismes nerveux et toutes les maladies occasionnées par les vices du sang.
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 Logements des curistes récemment démolis
Tous les ans on voit venir à Ganties des gens portant des béquilles ou atteints de maladies réputées incurables, rentrer chez eux sans béquilles et bien portants.
Les eaux de Ganties offrent guérison certaine et radicale de toutes les affections de la peau, des plaies et ulcères variqueux qui sont souvent considérés comme incurables par les plus célèbres médecins.
Ces eaux, prises en boisson, purgent et activent la guérison.
Il se dégage de l'eau du bassin des bulles d'un gaz qui n'est autre chose que de l'azote.
Le débit de la source est de 3 litres/seconde."

La fréquentation de la station

Au début de l'exploitation l'établissement de Couret avait 12 baignoires, et celui de Ganties 12 aussi.
En 1873, il sera donné 3 374 bains dans l'établissement de Ganties, ce qui peut correspondre à environ 300 curistes. C'est l'époque où les deux établissements fonctionnaient en même temps, celui de Couret étant un peu plus fréquenté que celui de Ganties.
Dans sa requête pour la desserte de la chapelle située dans le périmètre thermal, le curé de Couret écrit en juin 1846 : le nombre de baigneurs s’élève annuellement au chiffre de 130 à 150, terme moyen.
Si chaque baigneur restait 21 jours, cela fait une moyenne de 3 000 bains. Peut-être ne parlait-il que de la station de Couret.
Au début de ce siècle, l'établissement unique comptait 18 cabines de bains, ce qui est loin d'être négligeable.
De l'analyse faite en 1850, on peut extraire les informations suivantes :
"Les eaux de Ganties sont minéralisées par des bicarbonates et des trémates, elles sont légèrement ferrugineuses. ( ..) La réputation des eaux de Ganties est fort ancienne. Elles cicatrisent les plaies, les blessures, les ulcères de toute espèce, les dartres, eczémas, affections pustuleuses, les névralgies, guérissent radicalement les maladies des nerfs, rhumatismes nerveux et toutes les maladies occasionnées par les vices du sang.
Les eaux de Ganties offrent guérison certaine et radicale de toutes les affections de la peau, des plaies et ulcères variqueux.
Prises en boisson, les eaux purgent et activent la guérison.
"
Vers 1930, les bienfaits des eaux de Ganties étaient présentés ainsi : "L'action interne des eaux de Ganties permet de traiter efficacement l'arthritisme, l'artériosclérose et, d'une façon générale, toutes les affections qui peuvent être améliorées par une régénération des fonctions du foie, du rein et de la vessie.
L'action externe des eaux doit être évidemment combinée avec les effets désintoxiquants du traitement interne. C'est néanmoins par les traitements externes que s'établit la réputation de cette station. De nombreux cas de guérison de maladies cutanées, de décongestion de différents organes, de cicatrisation même, sont à l'actif des eaux de Ganties."
 

La chapelle Sainte-Radegonde

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L'église de Ganties conserve une statue de Sainte Radegonde, qui provient d'une chapelle dédiée à cette sainte, dont il reste encore des ruines qu'on atteint par un chemin carrossable qui part de la route de Ganties à Rouède. La dévotion à Sainte Radegonde est ancienne à Ganties, sans qu'on puisse en préciser l'origine.

Le pèlerinage au début du XXe siècle

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En 1920, le curé de Ganties décrivait ainsi la dévotion populaire à la patronne de la paroisse. Le 13 août au matin, toute la paroisse réunie vers les huit heures à l'église paroissiale, part en procession aux chants des cantiques et des litanies de Sainte Radegonde, pur aller y célébrer la sainte messe et les vêpres. La relique est portée sur un brancard par quatre jeunes filles, si le temps le permet, habillées comme au jour de la première communion. Arrivée à la chapelle, la procession en fait plusieurs fois le tour et enfin l'on rentre et l'on assiste à la messe chantée. C'est grande fête. Tout le monde a emporté son dîner, on s'éparpille dans le bois ou dans les prés et l'on dîne en famille. Une fontaine, non loin de la chapelle, dite fontaine de Sainte Radegonde, coule abondamment pour désaltérer tout le monde.
Le soir, vers deux heures, on se rassemble de nouveau. On récite le chapelet. Chaque dizaine est suivie d'une courte instruction sur la vie de la sainte rappelant ainsi les mystères du Rosaire. Puis l'on chante les vêpres suivies du panégyrique de la sainte, on baise les reliques et enfin la journée terminée, on vient en procession portant la relique renfermée dans un simple médaillon.
Ordinairement aussi on y va le dernier jour des Rogations et l'on dit la messe à Sainte Radegonde.
La paroisse ayant été très éprouvée par la grêle en 1850, on décida que tous les ans désormais, on irait y dire une messe pour l& conservation des fruits de la terre.
La vie de Sainte Radegonde (extrait de "Trésors religieux du canton d'Aspet")
Sainte Radegonde de Poitiers fait partie des saintes reines des premiers temps du royaume franc.
Née en 518, fille d'un roi de Thuringe, elle est enlevée par Clotaire 1er, qui la force à l'épouser. Elle réussit à s'enfuir du Palais et, aidée par Saint Médard, elle fonde un couvent. Ayant fait murer la porte de sa cellule, elle ne communiquera avec l'extérieur que par une étroite fenêtre, ce qui ne l'empêchera pas d'être la confidente de personnages importants. Le poète Fortunat qui la visitait régulièrement, est pour beaucoup dans le développement de son culte.
Elle est représentée en costume de reine, avec la couronne, le sceptre et des fleurs de lis sur le manteau ou en habit de religieuse, avec les insignes royaux à ses pieds.
Le culte de Sainte Radegonde en Comminges (d'après "Le canton d'Aurignac" de Jean Rocacher et l'Arec 31)
Il y a une chapelle de Sainte Radegonde à Latoue, dans le canton d'Aurignac. D'après M. Ph. de Latour (La Croix du Midi, août 1987), son passage dans la région, daté par une tradition locale vers 570-573, est vraisemblable. On trouve trace de son culte à Mancioux et à Roquefort. La chapelle de Latoue occupe un site gallo-romain, où l'on a découvert divers objets antiques. On se rendait à la chapelle en pèlerinage, pour demander la guérison de la vue dans les eaux d'une fontaine miraculeuse. Près de cette fontaine, on vénérait une pierre portant l'empreinte du genou de la Sainte. La chapelle a très bien pu être à l'origine l'église d'une paroisse qui serait peu à peu descendue, deux kilomètres plus bas, à l'emplacement de l'actuel village de Latoue.
Pour en revenir à Ganties, on observe qu'il y a bien une fontaine à proximité de la chapelle de Sainte Radegonde, mais elle ne semble pas avoir été considérée comme possédant des vertus particulières. D'après certains, c'est à Sainte-Radegonde qu'il faut situer le village primitif de Ganties, mais rien ne permet de l'affirmer.

 

L'église Saint-Sébastien

L'église paroissiale de Ganties a été presque entièrement réaménagée au XIXème siècle.
En 1851, un devis est fait qui prévoit la démolition complète de la toiture et la surélévation des murs de 1,80 m, ce qui entraîne la disparition de la voûte du choeur.
Elle a cependant conservé quelques élements plus anciens, en particulier l'abside romane, et le portail, sans doute du XVIème siècle (il porte des dates grossièrement gravées dont l'une de 1569).
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Le clocher-pignon est classique dans la région.
A l'intérieur se trouve un buste reliquaire (classé) de Saint Sébastien (réalisé dans un atelier d'orfèvrerie toulousain en 1525). Mais il a été modifié par la suite, en particulier par l'adjonction d'une bande de cuivre sur le socle. Le visage est en argent.
Le reliquaire a été restauré et une protection installée en 1977.

Oratoires

Il y a plusieurs oratoires sur la commune.
L'un d'eux se trouve dans le village même, à l'embranchement de la route qui mène au château. L'autre est dans le hameau de Marsaou.
 

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 Oratoire de la Vierge

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 Chapelle de Marsaou

Extrait de l'ouvrage de Jacques DUCOS, "Le canton d'Aspet" (Editions Catherine de Coarraze)
 

La seigneurie de Ganties (d'après Jules Dupin)

Rameau de l'importante et très ancienne baronnie et seigneurie de Save (Sengouagnet) ‑ XVIe siècle ‑, Ganties, dès 1612, a comme co-seigneurs le roi de France et Nicolas d'Encausse.
Déjà, dès le XVIe siècle (après bien d'autres seigneurs dont il est impossible, faute de documents, de trouver trace) ce village apparaît comme une seigneurie partagée entre les seigneurs et barons d'Aspet et des seigneurs particuliers, parmi lesquels figure Pierre de Lamezan en 1509 et Jean de Mauléon en 1550 (Arch. dép. Pau : N° 598).
Au début du XVlle siècle, apparaissent les d'Encausse de Save comme seigneurs particuliers qui vont se succéder à Ganties et y fonder une branche qui commence avec :


1°) Nicolas d'Encausse, fils cadet de Nicolas III seigneur de Save, et de Gaudriette de Mauléon, marié en 1588, avec Gabrielle d'Orbessan et remarié en 1592, avec Aubriette d'Ustou‑Montgaillard, fille de Jean II d'Ustou, seigneur à Estadens. Du chef de sa pre­mière femme, il est aussi seigneur du Pouy de Touges. En 1609, il porte le titre de seigneur de Ganties, tout court. (Arch. dép. Tou­louse : registre. des insinuations XIV, f° 666). Ce titre est reconnu et accepté tel quel en 1612, dans le dénombrement du Domaine Royal en la Baronnie d'Aspet (Aspet : registre des vieux titres). Nicolas d'Encausse y est dit « paréager » (en partage) avec le roi à Ganties (Arch. dép. Toulouse E 742). Il meurt la même année, laissant cinq garçons, tous issus de son second mariage.


2°) Son quatrième fils lui succède à Ganties. II épouse, en 1626, par contrat du 12 juin, Isabeau de Latour‑Landorthe, fille de feu Jean‑Bertrand. Elle lui donne un fils qui suit et trois filles, dont l'une épousera Nicolas‑Géraud d'Encausse, d'Aspet. (Nous pen­sons qu'il s'agit plutôt de M. Géraud d'Encausse de Save).
En 1643, Jean d'Encausse‑Ganties achète « audit lieu de Ganties », par l'entremise de son cousin, Guy d'Encausse‑Labastide, la part de la seigneurie appartenant au roi. Mais cette part est rachetée en 1667, par Louis XIV. Du coup Ganties redevient une coseigneurie et le restera jusqu'à 1789.


3°) Jean‑François, baron d'Encausse, seigneur, puis co-seigneur de Ganties, épouse en 1664 par contrat du 11 mai, Marie du Pac de Fronsac. II meurt en 1705 laissant 3 filles et 3 fils ;


4°) Géraud est maintenu en sa noblesse lors de la révision des titres ; il épouse en 1668, le 18 août, Marie de Saint‑Gèz, fille de Jérôme, médecin à Aspet, seigneur de Cazaux, et de Marthe de Ribet (fille du juge royal d'Aspet), dont il eut sept garçons et cinq filles ; il meurt en 1744 (registres. paroissiaux. de Ganties) ;


5°) Jérôme, devenu baron d'Encausse, seigneur de Cazaux, coseigneur de Ganties, épouse en 1736 le 11 décembre, Marie de Miquel Saint­-Gême, dont il a 3 garçons et 3 filles ;


6°) Jean-Louis, baron d’Encausse co-seigneur de Ganties, ancien officier de cavalerie, est le dernier seigneur de Ganties. Convoqué à l’Assemblée de Muret en 1789, emprisonné sous la Terreur, il se retire après la Révolution à Bouillac, où il meurt en 1812.


 

  

Les grottes 

La commune de Ganties possède sur son territoire deux grottes célèbres.

La grotte de la Hountaou (Ganties-Montespan)
L'histoire de Ganties débute il y a environ 15 ou 20 000 ans.
C'est de cette période, en effet, qu'on peut dater une partie des restes préhistoriques découverts dans le souterrain de la Hountaou, qui a une de ses entrées sur son territoire et une autre sur celui de Montespan.
L'histoire du «souterrain de la Hountaou» commence en 1881. Les archives de la commune de Ganties conservent un document daté du 25 décembre 1881, qui relate que du 17 au 22 décembre 1881. profitant d'une année de grande sécheresse, des habitants du village pénétrèrent dans la cavité et qu'ils purent la traverser et ressortir à l'autre extrémité. à Montespan. La «découverte» constitua un événement. Voici quelques extraits du «procès-verbal».
Les eaux des pentes des collines entre Ganties et Montespan se réunissent en un point connu sous le nom de Hount du Hountaou, propriété de M Dufour, maire de Ganties. Ce réservoir, dont les eaux n'ont pas d'issue visible, sert d'abreuvoir aux animaux du quartier de la Harnaou dans les temps de sécheresse.
Jamais, de mémoire d'homme (même d'octogénaire), on n'avait vu ce réservoir à sec, si ce n'est cette année, vers la fin de l'automne, par suite d'une sécheresse exceptionnelle. Le 17 décembre 1881. les nommés Abadie Jacques Lazaroun. Lebron Jean et autres de la Harnaou. se rendirent sur les lieux pour procéder au curage dudit réservoir. En se livrant à cette opération, il aperçurent du côté du nord, une voûte basse et longue, sous laquelle ils pénétrèrent avec difficulté, c'est-à-dire en rampant. L'obscurité du souterrain les ayant obligés à revenir sur leurs pas, les dénommés se transportaient de nouveau sur les lieux, le lendemain dimanche 18 décembre, munis de flambeaux et leur curiosité si fortement excitée fut suivie de la découverte d'une grotte magnifique dont les parois .scintillent de mille feux et se nuancent de couleurs de l'arc-en-ciel. Dans certains endroits, la voûte paraît avoir une hauteur prodigieuse ; elle a une véritable forêt de stalactites et le sol possède peu de stalagmites. Des colonnes magnifiques'partent du sol et paraissent être les arcs-boutants de l'édifice souterrain. Les 19, 20, 21 et 22 décembre, les visiteurs ont afflué dans ce curieux souterrain, non seulement de Ganties, mais auss'i des communes avoisinantes.

Image   L'ours de Montepan est une des pièces les plus connues des grottes pyrénéennes

Le dernier jour, quatre jeunes gens de Montespan ont trouvé une issue pour aller sortir sur le versant de Montespan. Leur trajet a duré deux heures et demie environ. La pluie étant survenue dans la nuit du 22 au 23 décembre, l'entrée de la grotte a été entièrement fermée par l'eau et les visiteurs attardés ont éprouvé une désagréable déception.

En 1922, alerté par J. Cazedessus, Norbert Casteret, dont la réputation commençait à s'établir, entreprend l'exploration de la rivière souterraine par son entrée de Montespan. Il doit pour cela franchir un siphon qui en interdit l'accès. A l'issue de cette première exploration, rien ne permet de soupçonner les richesses que contient la cavité. Une nouvelle expédition est organisée l'année suivante. "C'est dans la caverne haut-garonnaise de Montespan, écrit Norbert Casteret, qu'en 1923 nous eûmes le privilège de découvrir une douzaine de hauts-reliefs en argile représentant des chevaux modelés à même le .sol de la grotte. Ces modelages, de trente à quarante centimètres de long, ont été malheureusement piétinés et détruits par le passage de visiteurs inattentifs. La pièce capitale, outre de nombreuses gravures pariétales, est la célèbre statue d'un ours acéphale d'un mètre dix de long, qui  a fait l'objet de nombreuses et savantes études'. Il était accompagné de son ami H. Godin et de J. Cazedessus. Par la suite. pour faciliter l'exploration, un puits de 10 mètres sera creusé près de l'entrée naturelle de Ganties à l'initiative de Louis Trombe et un canal-déversoir aménagé côté Montespan.
Les découvertes opérées par Norbert Casteret et ses amis se révéleront vite d'une valeur exceptionnelle : les moulages d'argile découverts datent au moins du début du deuxième millénaire avant notre ère. La grotte de Ganties-Montespan partage ce privilège avec la grotte dite du Tuc d'Audoubert, sur la commune de Montesquieu-Avantès. près de Saint-Girons. découverte par le Comte Bégouen et ses fils (qui visitèrent aussi la grotte de La Hountaou).
Dès 1924, la grotte sera déclarée monument historique sous la dénomination "Souterrain de Hountaou" et donc protégée (au moins dans la partie qui contient les moulages). La fermeture totale interviendra plus tard. Outre cet ours sans tête, on trouve un autre moulage d'argile représentant. toujours d'après Norbert Casteret, l'avant-train d'un grand félin (épaule, poitrail, cou, et pattes antérieures). "Cette statue offre l'intérêt de montrer que le lion jouait un rôle important chez nos lointains ancêtres puisqu'ils en reproduisaient l'effigie, tantôt gravée ou peinte sur les parois des cavernes, tantôt sur des plaques rocheuses ou osseuses, voire sculptées ou modelées, comme l'exemplaire unique de la grotte de Montespan ".


Les plus vieilles statues du monde ?
L'honme de cette époque. notre lointain ancêtre. vivait donc dans la compagnie des ours et des lions. On est à peu près persuadés que la représentation peinte ou sculptée de ces animaux répondait à des rites magiques, mais la raison profonde de ces représentations nous échappe encore. Norbert Casteret croit pouvoir déduire de la différence de traitement entre les moulages de lions et les moulages d'ours que "les' chasseurs osaient attaquer le lion au corps à corps en le combattant à la lance, tandis qu'ils .s'e contentaient de décocher des flèches à distance sur l'énorme et redoutable ours des cavernes".
Tandis que Norbert Casteret menait ses investigations à partir de l'entrée de Montespan, deux autres chercheurs, Félix Trombe et Gabriel Dubuc, habitants de Ganties, entamaient l'exploration à partir de l'entrée de Ganties. Les uns et les autres ont publié. sous des formes diverses, le résultat de leurs trouvailles. Félix Trombe et Gabriel Dubuc ont donné une description de l'ensemble des éléments inventoriés. dans un volume des Archives de l 'Institut de Paléontologie Humaine, sous le titre : Le centre préhistorique de Gantier Montespan. en 1947. C'est à cet ouvrage que sont empruntées les illustrations de ce chapitre.
L'intérêt de la grotte de Ganties-Montespan est donc loin d'être négligeable : une nouvelle campagne de recherches a commencé récemment. La grotte ne nous a certainement pas livré tous ses secrets.


Une grande quantité de gravures
Outre les moulages de l'ours et du félin, considérés. lors de leur découverte, comme les plus vieilles statues du monde, la grotte de la Hountaou contient une grande variété de vestiges. Nous ne pouvons en donner ici qu'un très rapide aperçu.
On trouve surtout des gravures au burin. Il existe aussi de nombreuses trace de passage d'animaux (traces de pattes, griffiires), ainsi que des traces de pieds et de genoux humains. Voici leur classement, tel qu'il a été donné par F.Trombe et G.Dubuc.
a)  Félins. Du seul modelage en place il ne reste que le bas d'une patte arrière, le poitrail, le cou et les jambes de devant.
b)Ours. Les traces d'Ursus spelaeus sont nombreuses dans' toute la grotte (empreintes de pattes. griffades, etc.). Le moulage d'argile mesure Im10 de long sur 0,60 de haut. Il représente un ours' accroupi, à l'arrière train large et ramassé. Une patte avant, bien modelée, se termine au niveau du sol par les doigts' et les' griffes de l'ours. Sur le sol, au niveau de la tête se trouvait un crâne d'ourson.. Franck Bourdier commente ainsi cette statue : Ours' .sans tête modelé dans l'argile et percé de coups ; des fragments osseux de crâne d'ours trouvés entre les' pattes' avant de ce modelage semblent indiquer que celui-ci avait été revêtu d'une peau d'ours avec la tête encore adhérente.
c)  Mammouth. Une silhouette de la galerie Casteret-Godin pourrait représenter un mammouth.
d) Ruminants. On peut signaler trois têtes de bouquetins. Les bovidés sont nombreux. Le bison domine.
e)  Equidés. Ils forment la majorité des représentations. La plupart sont des chevaux. mais ils sont de plusieurs types.
f)   Oiseaux, poissons. On signalera. en particulier. un oiseau pêcheur. qui tient un poisson dans son bec.
g)  Traces humaines. On relève quelques traces de pieds. Les traces de genoux sont plus nombreuses. Des traces de mains sont visibles en plusieurs endroits de la grotte.

 


Vestiges préhistoriques dans la grotte de La Spugo

Jean Cazedessus, instituteur à Labarthe-Inard a exploré, à la veille de la guerre de 1914, un abri sous roche dit «abri de La Roque» sur la commune de Montespan ainsi que la grotte de la Spugo."La Spugo", signifie tout simplement "la grotte", du latin spélunca.

Sa découverte a d'ailleurs précédé celle de La Hountaou. C'est en 1914, en effet, que J. Cazedessus en contineue l'exploration. Interrompue par la guerre de 14, celle-ci reprendra en 1920 et dès 1922 J. Cazedessus publie une description de ses découvertes.
Des témoignages de diverses époques
La surface des couloirs. explique J. Cazedessus, est pleine de débris d'amphores domestiques et autres fragments de poteries de l'époque gallo-romaine.
La deuxième couche est sûrement gauloise. Elle a fourni une hache de fer dont la douille était encore pleine de blé. Des bijoux de bronze étaient mêlés aux charbons d'un foyer.
La troisième couche, néolithique, recelait de très beaux spécimens de vase à dessins en relief vermiculés ou creusés à la pointe, ainsi que d'innombrables traces de foyers.
La quatrième est franchement magdalénienne, d'un magdalénien moyen, à industries des plus élégantes.
Classement des objets
R. Cazedessus a donné un classement des objets découverts dans cette grotte
1.  Industrie du silex.
 Pour le comte Bégouen, les silex employés sont de meilleure qualité que ceux des grottes ariégeoises. La plupart gardent leur belle transparence bleue, noire, rose, grise, blanchâtre, rouge ou jaune
On trouve aussi une centaine de burins et autant de grattoirs.
2.  Industries de l'os
L'industrie de l'os est très importante, comme dans la plupart des stations magdaléniennes. Elle se compose .surtout de bois de renne et de cerf Elle comprend des sagaies. des aiguilles. des lissoirs, des objets de parure, un hameçon, des dents de cheval appointées, des incisives de bovidés et des morceaux de bois de renne avec traces de sciage.
3.  Gravures
L'art décoratif est inexistant, mais le talent artistique des occupants s'est exercé sur des os, des plaques de schiste ou des concrétions calcaires.
On voit sur une plaque de schiste une tête de cheval et au revers de cette même pièce, une ébauche de bison prêt à foncer.
4.  Restes humains
Les débris humains sont très nombreux. Ils sont disséminés sur toute l'aire de la caverne.
S'il est impossible d'attacher ces restes humains à une époque, quatre sépultures intactes ont pu être étudiées. trois d'entre elles pouvant être néolithiques et la quatrième gauloise. Elle fut découverte, note toujours J. Cazedessus, par notre, jeune ami N Casteret.
La "caverne de la Spugo" et la "grotte de la Hountaou" l'une de l'autre, constituent un ensemble de grande valeur. L'homme v a laissé des traces diverses pendant des millénaires. D'autres témoignages de cette présence existent dans les environs, parmi eux les tumuli. dont celui de Rouède; sur la commune voisine.
Ni La Spugo ni La Hountaou n'ont encore livré tous leurs secrets. Des fouilles s'y déroulent encore, qui apportent de nouveaux éléments qui ont fait et font encore l'objet de publications scientifiques.

 Image  Objets de la grotte de La Spugo

 

Quelques autres grottes du canton d'Aspet

 - Girosp : gouffre et grotte de Gèles.
- Goueil di Her : résurgence intermittente. "Le ruisseau souterrain du Goueil di Her draine les eaux dumassif de Paloumère, en formant le réseau Trombe". Un accident y coûta la vie au Dr Dufour en 1957.
- Gouffre-grotte de Houaliech, près de Juzet-d'Izaut. La résurgence se trouve sur la berge de la rive droite du Job.
-   Grotte de la Maouro. Ruisseau qui alimente Izaut-de-l'Hôtel. Pénétré en 1927.
- Pène-Blanque. Falaise au-dessus d'Arbas. Explorée par Martel. Communique avec le réseau Trombe.
-   Grotte de Riousec_ au-dessus de la route du Col de Portet.
-   Gouffre de Cagire (voir Juzet-d-Izaut)
-   Grotte de Gouillou (hameau d'Aspet)
- Grotte d'Arguenos
-   Grottes de Saint-Paul et du Moulin (voir Estadens).